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Pourquoi les femmes doivent manager au féminin, et non sur un modèle masculin

 

En 2002, le magazine Fortune distinguait Sallie Krawcheck, voyant en elle l’une des « dernières analystes honnêtes » sur la place financière américaine. Sallie Krawcheck a accédé à la célébrité par ses positions musclées sur les marchés financiers, au plus fort des interrogations sur les conflits d’intérêts entre les différents métiers des banques d’investissement. Elle a également trouvé le temps d’élever une famille. En 2016, elle fonde Ellevest Financial, une plate-forme d’investissement digital destinée aux femmes cadres. Aujourd’hui, elle signe un livre intitulé « Own It: The Power of Women at Work ». S’appuyant sur son propre vécu, cet ouvrage formule des recommandations professionnelles et dispense des conseils financiers à la gent féminine, sans omettre de rappeler certains préceptes de « management au féminin ».

« L’avenir nous appartient », écrit-elle, « mais gardons-nous de nous conformer à une lecture masculine du pouvoir et de la réussite, ou à agir exactement comme nous l’avons fait jusqu’ici. » Les qualités que les femmes instillent dans le monde du travail – capacités relationnelles, sensibilisation au risque, processus de décision amplement collaboratif et délibératif – sont toujours plus prisées, et Sallie Krawcheck est d’avis que les femmes doivent les revendiquer plutôt que de s’évertuer à vouloir ressembler à leurs homologues masculins.

 

S’agissant de l’écriture de « Own It »

L’écriture de ce livre a-t-elle posé des difficultés à Sallie Krawcheck ? Le plus ardu, d’après elle, était de réunir des anecdotes personnelles et d’en tirer des leçons pertinentes afin que les femmes puissent mettre à profit leur pouvoir sur le lieu de travail. Elle souhaite que les femmes commencent à œuvrer pour que s’opère le changement, non seulement à leur profit, mais aussi au bénéfice de la société toute entière.

Les raisons qui l’ont poussée à écrire ce livre ? « La première, c’est que les femmes rendent les entreprises meilleures, en profondeur, et pas à la marge. La seconde raison a trait aux qualités apportées par les femmes au travail ; il se trouve que nous les avons longuement étudiées – qu’il s’agisse de leur sensibilisation au risque, de leur faculté à se projeter à long terme, de leur quête de sens et de finalité, de leur manière d’aborder globalement les problèmes, de leur propension à se former en permanence… Toutes revêtent une importance croissante en raison des évolutions économiques et des mutations technologiques. »

 

Pourquoi « l’accès des femmes au pouvoir » est une expression inadaptée

L’accès des femmes au pouvoir fait couler beaucoup d’encre. Mais cette notion implique que « le pouvoir soit donné » aux femmes. Or, Sallie Krawcheck l’affirme catégoriquement : « Les femmes n’ont pas besoin du pouvoir ; elles l’exercent déjà ». Dans son livre, elle explique que les femmes génèrent 80 % des dépenses de consommation, qu’elles gèrent 5 000 milliards de dollars d’actifs disponibles pour l’investissement, et qu’elles représentent plus de la moitié de la population active. « Mais, dans le passé, nous étions incapables de nous servir de ce pouvoir car nous ne disposions pas de ces informations. Nous n’avions pas suffisamment de choix. À présent, les choses changent. »

« Question choix, si les entreprises ne nous traitent pas correctement, rien ne nous empêche aujourd’hui de monter notre propre société ou de conjuguer des parcours professionnels atypiques, à temps partiel ou comme indépendantes. De même, s’agissant de nos dépenses de consommation, nous sommes capables de les diriger vers les enseignes dont les valeurs correspondent aux nôtres, et de boycotter les autres. Quantité de ressources sont là pour nous prêter main-forte. Nous pouvons investir dans des activités dont l’intérêt coïncide avec le nôtre. Nous aidons les entreprises à aller mieux. Peut-être n’est-ce pas suffisant, mais cela s’avère de plus en plus important. Nos ressources sont importantes et aujourd’hui, notre influence est réelle. »

 

D’ailleurs, si l’on en croit John Gerzema et Michael D’Antonio, dans leur livre paru en 2013, « The Athena Doctrine: How Women (and the Men Who Think Like Them) Will Rule the Future », la féminisation du monde des affaires est en marche. De fait, sur les 64 000 personnes interrogées dans 13 pays différents, les deux tiers ont confié aux auteurs être convaincus que le monde tournerait bien mieux si les hommes s’inspiraient davantage du modèle de réflexion féminin.

 

A propos de l'auteur

Sophie Huss est la Directrice monde du recrutement et de la formation des talents chez Arkadin. Elle y dirige les campagnes de recrutement stratégiques, y compris les programmes de cooptation et les activités RH digitales destinées à détecter et attirer de nouveaux talents. Les principales missions de Mme Huss s’articulent autour de la définition de la marque employeur de l’entreprise à travers différents canaux. Elle est ainsi responsable de la maturation du vivier de talents et de la définition des pratiques et procédures de recrutement au niveau du groupe. Cette ancienne Directrice marketing et communication d’Arkadin possède plus de 25 ans d’expérience dans le marketing stratégique et opérationnel, dans différentes zones géographiques et secteurs d’activité. Dans ses précédentes fonctions, elle a joué un rôle central dans le lancement de nouveaux produits et services, notamment les solutions de Communications Unifiées et de Services de Collaboration d’Arkadin.

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